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La talismanie pour les débutants

Publié le : 31/08/2019 15:06:24
Catégories : Alchimie , Astrologie , Hoodoo et magie , Lectures et généralités , Théurgie

La talismanie*

 

L’homme est-il enchaîné par sa naissance ?

 

Dans les religions monothéistes, les opposants accusaient l’astrologie d’être fataliste. Dans les années 70 du siècle dernier, cet argument avait fini par convaincre certains astrologues ; ils laissaient dire que l’astrologie – pratiquée autrement qu’ils ne le faisaient – est fataliste.

 

Cette affirmation traduisait une profonde méconnaissance de l’histoire. Depuis l’antique Mésopotamie,

 

-       Á quoi a bien pu servir le thème d’élection (choisir le bon moment astrologique pour faire aboutir ses initiatives) ?

-       Á quoi ont bien pu servir les remèdes prescrits par les médecins qui étaient souvent astrologues, ou par les astrologues qui étaient souvent médecins ?

-       Sans parler des rites (prières, exorcismes, bénédictions) par lesquels les astrologues d’Orient et d’Occident ont cherché à s’attirer les faveurs des dieux ?

 

Comme l’avait écrit Ptolémée,

 

« Conscients de cette réalité [l’intérêt de la prévision], les Égyptiens, qui, plus que tous les autres, développèrent les capacités de l’art astrologique, ont étroitement lié la médecine à la prévision astronomique. Jamais ils n’auraient fait certaines offrandes pour détourner le mal ni utilisé des amulettes et des remèdes pour influer sur les conditions générales et particulières, présentes ou à venir, causées par le ciel qui tout englobe, s’ils avaient été convaincus de l’immuabilité et de l’irréversibilité du futur[1]. »

 

L’histoire confirme que l’astrologie n’est pas fataliste.

 

Imaginer que l’astrologie est fataliste, c’est oublier que, depuis la nuit des temps, les hommes ont élaboré les stratégies qui élargissaient leur marge de manœuvre.

 

Affirmer que l’astrologie est fataliste, c’est avouer n’avoir jamais ouvert un manuel d’astrologie médicale. Car à quoi servent les remèdes prescrits si ce n’est à contrecarrer les perturbations de notre nature ?

 

Affirmer que l’astrologie est fataliste, c’est avouer qu’on n’a jamais ouvert un manuel d’astrologie horaire. On y constaterait que la meilleure parade à des configurations astrales désastreuses pour le mariage, c’est de célébrer ce mariage sous des configurations qui feront antidote. Que la meilleure parade à des configurations désastreuses empêchant les naissances d’enfants, c’est de choisir les configurations les plus efficaces pour la prochaine tentative de fécondation assistée. Á quoi peut bien servir le choix de la meilleure date pour se faire opérer, si ce n’est pour élargir notre espace de liberté ?

 

Voilà ce qu’aurait trouvé notre astrologue dogmatique s’il avait lu les textes fondamentaux de l’astrologie traditionnelle et s’ils les avaient situés dans leur contexte. S’il avait lu les écrits paracelsiens d’un Morin de Villefranche ou d’un Dariot, s’il avait lu les qualifications et les pratiques spirituelles exigées par les traités  d’astrologie indienne, s’il avait lu les textes alchimiques ou théurgiques des astrologues de la Renaissance, s’il avait su qu’un William Lilly était diacre de son Église. Mais il ne l’a pas fait.

 

Il a peut-être ouvert un manuel d’astrologie dont il a lu quelques pages. Mais un manuel d’astrologie a pour vocation d’enseigner le décodage des conditionnements célestes. Pas plus qu’un manuel de médecine, un manuel d’astrologie n’est un livre de catéchisme. Il est logique qu’il passe parfois sous silence les « remèdes » (naturels ou spirituels) qui ne relèvent pas de sa compétence.

 

Pour pallier une configuration malheureuse, l’astrologue dispose donc d’outils pour poser les actes en accord avec les dieux afin de négocier une adaptation de son destin.

 

Les trois sciences hermétiques

 

 

Les sciences hermétiques (astrologie, alchimie, théurgie) sont le socle fondateur de l’ésotérisme occidental moderne. Cet enseignement est à la fois doctrinal et opératif. Il s'est transmis des Grecs aux Arabes, puis des Arabes aux Européens.

 

Parmi les textes qui le véhiculent, les plus anciens furent rédigés vers le milieu de l'ère chrétienne à Alexandrie (une ville Grecque mais située en Egypte). Attribués au dieu Hermès, ils sont connus sous le nom de Corpus Hermeticum.

 

Prétendant dévoiler l'antique sagesse égyptienne, ils exposent une relecture effectuée par le milieu cosmopolite d'Alexandrie. Développé par la civilisation arabe et assimilé par la chrétienté à partir de la Renaissance, l'hermétisme sert d'assise philosophique à l'alchimie comme à l'astrologie.

 

Ces trois sciences sont fondamentales et toutes celles d’aujourd’hui en découleraient. Ainsi l’astrologie est la science qui fournit un modèle de fonctionnement du monde. L’alchimie indique comment les forces de ce monde fonctionnent, s’articulent et se transforment. Elle permet aussi de préparer la matière à changer d’état. La théurgie (magie) est la science permettant de révéler, d’utiliser et de canaliser les forces planétaires de ce paradigme défini par l’astrologie.

 

La symbiose des trois sciences permet à l’opérateur de réaliser des œuvres inhabituelles, c'est-à-dire sortant de la norme. Ainsi, par l’astrologie il connait les bonnes périodes d’intervention pour modifier une situation dont l’issue semble pourtant inéluctable. Un exemple célèbre est le siège du château du comte de Montefeltro par les armées du Pape. Il gagna la bataille grâce à son astrologue, Guido Bonatti, qui calcula les interventions militaires à la minute près. Pour chaque créneau horaire bénéfique les portes s’ouvraient. Les militaires sortaient pour une frappe chirurgicale et rentraient pour la minute précise de la fin du créneau.

 

L’alchimie, au-delà de la transformation du plomb en or, permet d’ouvrir la matière à une influence céleste pour la capter et la retenir. De cette manière les remèdes alchimiques captent l’influence environnante, dont les rayons célestes pour les restituer aux malades.

 

La théurgie met en relation les hommes et les dieux. Quelle que soit la forme de la pratique, la théurgie vise une forme d’ascension de l’homme vers le divin. Ce contact avec la divinité lui permet d’interagir afin de diriger et d’utiliser les forces célestes et terrestres.

 

L’hermétisme et les talismans

 

L’union de ces trois sciences permet à un praticien de créer des œuvres talismaniques enfermant un influx céleste particulier afin d’agir dans un but déterminé.

 

Des trois volumes de La Philosophie occulte de Cornelius Agrippa, l’un deux est consacrée à la « magie cérémonielle », la théurgie. Les chapitres 29 à 32 traitent spécifiquement des sceaux, l’équivalent des talismans qui nous occupent.

Que nous enseigne le chapitre 29 ? Les caractères mystérieux utilisés pour les sceaux n’ont aucune puissance par eux-mêmes. Ils n’ont pas d’autre base que la volonté et l’autorité de celui qui les a conçus. Il ne sert donc à rien de courir les manuscrits secrets des grimoires poussiéreux, ils sont efficaces parce qu’ils furent investis de la vertu qui est la leur. Comme nous le verrons avec le chapitre 31, il s’agit là de sceaux substitués, de marchepieds qui nous disposent à recevoir le sceau destiné à notre identité véritable.


« (§29) Nous devons parler maintenant des caractères et des sceaux des esprits. Ces caractères ne sont rien d’autre que des lettres inconnues empêchant les profanes de lire les noms des esprits et des dieux. Ils forment ce que l’on appelle l’écriture hiéroglyphique ou sacrée qui n’était utilisée que pour écrire les choses sacrées ou relatives aux dieux. Les Anciens pensaient en effet qu’il eût été néfaste d’écrire des choses profanes et impures telles que le commun a l’habitude d’en écrire avec ces caractères réservés aux mystères des dieux. Porphyre dit que les Anciens voulaient voiler les vertus des dieux et indiquer par des choses visibles les vertus invisibles. Ils ont transmis par ces lettres sacrées de grands mystères et ils les ont expliqués par des figures symboliques. Ainsi par exemple ils ont admis que la boule et la sphère représentaient le monde, le Soleil, la Lune, l’espérance, la fortune; le cercle représentait le ciel, les segments de cercle la Lune ; les pyramides et les obélisques représentaient le feu et les dieux de l’Olympe ; le cylindre représentait le Soleil et la Terre, le pénis la génération et Junon était représentée par un sexe féminin ou un triangle. Ces caractères n’ont pas d’autre base que la volonté et l’autorité de celui qui les a conçus, de celui, dis-je, qui a reçu le pouvoir d’instituer ces lettres et de leur donner une consécration…"


Que nous enseigne le chapitre 30 ? Nous ignorons tout des anges. Il est vain de penser que les signes et les rites par lesquels nous les invoquons puissent les contraindre à entrer en contact avec nous. Ces signes et ces rites ont pour seul but d’induire en nous l’état et l’amour qui nous élèvent jusqu’à eux. Au risque de me répéter, j’insiste sur ce point ; en matière de théurgie, l’homme se dispose à recevoir. Il n’exerce aucune contrainte sur quoi que ce soit. 


« (§30) Il faut savoir aussi que les esprits angéliques étant des esprits purs et incorporels, on ne peut communiquer avec eux par des signes, des caractères graphiques ou d’autres procédés humains. Nous ignorons l’essence et la qualité de leurs noms comme nous ignorons tout de leurs œuvres et de leurs actions, nous pouvons seulement essayer de nous les imaginer. Ces caractères, ces figures, ces sceaux, leur ont été consacrés non parce que nous pensons pouvoir les contraindre d’une manière quelconque mais parce que nous espérons nous élever jusqu’à eux par ces caractères et ces figures inconnues. D’abord nous devons y appliquer toute notre concentration physique et intellectuelle, notre admiration ensuite nous amènera à les considérer avec une vénération religieuse et nous tomberons en extase par une adoration qui transportera toute notre âme. Nous pourrons alors invoquer ces esprits avec une foi profonde, un espoir sans faille, un amour ardent, nous les invoquerons en esprit et en vérité par leurs noms, par leurs caractères, afin d’obtenir d’eux la grâce demandée... »


Que nous enseigne le chapitre 31 ? Une fois établi le contact avec les anges, ils peuvent signer l’accord qu’ils concluent avec nous par la révélation de sceaux qui nous sont propres. Ici, le mage – ou le prêtre – retrouve la Parole perdue. Il reçoit le véritable pentacle, celui qui peut seul lui ouvrir la porte des mondes spirituels. Cette clef lui est toute personnelle.


« (§31) On ne peut obtenir certains caractères que par la révélation. Ils ne peuvent se trouver autrement, car leur vertu n’est révélée que par l’Intelligence Invisible et ils en sont les sceaux cachés, tout vibrants d’harmonie divine. Ils sont les intersignes des traités conclus, des traités ou des pactes conclus entre les anges et nous. À cette catégorie appartient le signe montré à Constantin qui, selon beaucoup d’auteurs, est une croix entourée de cette inscription latine : In hoc vince ; et cet autre signe qui fut révélé à Antiochus surnommé Soter : un pentagone symbole de santé car, traduit en lettres, ce pentagone donne ύγίεια, c’est-à-dire santé… »


Que nous enseigne le chapitre 32 ? Les bons esprits suggèrent des images à notre âme par songe, divination ou autre voie de ce type. Par leur rayonnement, ils façonnent notre âme pour la rendre semblable à eux et lui permettre d’accomplir des œuvres proches des leurs. Là commence le processus de déification. 


« (§32) Mais l’accord de la divinité avec l’intelligence humaine fait que les bons esprits nous aident volontiers. Ils nous communiquent leur puissance et leur vertu, chaque jour, en nous envoyant des illuminations, des inspirations, des oracles, des présages, des songes, des miracles, des prodiges, des divinations, qui viennent aider notre âme, qui l’ébranlent, agissant sur elle en lui suggérant des images, en la formant par leur rayonnement, en la rendant tout à fait semblable à eux jusqu’à ce que notre âme accomplisse des choses presque aussi merveilleuses que les œuvres des génies célestes. »

 

La conception des talismans

 

Sommairement expliquée, la conception d’un talisman se résume en quatre parties :

 

1. L’analyse astrologique préalable. Le thème de naissance du destinataire est étudié. De cette étude il ressort les forces et faiblesses ainsi que les relations des dieux entre eux au moment de la naissance du consultant. La naissance coïncidant avec l’incarnation de l’âme dans le corps. Cette âme se conditionne ainsi selon les dispositions des dieux à ce moment.

 

Imaginons que vous rencontriez une personne pour la première fois. Celle-ci vient de se disputer avec un autre et vous percevrez encore sa colère. Vous intégrerez donc que cette personne est colérique. Ce n’est pas forcément le cas mais au moment du contact c’est ce que vous retiendrez. Si la même personne venait d’être demandée en mariage au moment de votre rencontre, votre perception serait différente alors qu’il s’agit toujours de la même personne.

Le thème de naissance défini donc celui que vous êtes en vous incarnant selon la nature des contacts divins de ce moment.

 

En connaissant ces relations et les dispositions des dieux de ce moment vous saurez sur quoi il faut intervenir.

 

Par exemple, si Vénus, planète de l’amour, était faible à la naissance il peut en découler des problèmes sentimentaux ou d’harmonie dans sa vie. Les relations sentimentales peuvent ne pas tenir sur le long terme. Dans ce cas la talismanie visera l’augmentation de sa puissance.

 

Si celle-ci se révèle puissante mais mal disposée (maléfique) envers un domaine, il ne faudra pas augmenter sa puissance sous peine d’augmenter également sa nuisance. Dans ce cas il faudra stimuler une autre planète liée au domaine maléficié pour le soutenir.

 

Si Vénus est à la fois puissante et bénéfique pour le domaine consulté, le talisman peut en augmenter sa force pour favoriser encore plus le domaine.

 

L’étude astrologique initiale permet également de déterminer le meilleur moment d’intervention pour la fabrication du talisman.

 

2. Préparation de la matière. La matière composant le talisman est préparée alchimiquement pour capter une influence céleste (ou terrestre). Personnellement j’utilise des condensateurs alchimiques fabriqués selon les règles de l’Art. L’adjonction des plantes et des cristaux en analogie avec la planète choisie au point 1 permet de renforcer la captation de l’énergie et de cibler le bon rayon planétaire.

 

3. La matérialisation du talisman. Au moment opportun le praticien réalise le talisman physiquement. Cela peut être une coulée de cire, de métal, une gravure, un dessin etc. La matière étant perméable aux énergies, la réalisation du talisman se fait en état méditatif, attentif aux énergies qu’il convoi. Pour gagner cet état il use souvent de prières, de mantras, de chants etc. Le talisman est généralement personnalisé pour le demandeur afin que son action ne soit limitée qu’a lui.

 

Ici il conviendrait de nuancer la fabrication car celle-ci revêt plusieurs formes, du talisman au pentacle (ou encore pantacle selon le cas) en passant par le fétiche ou l’amulette… mais je digresserait trop du sujet.

 

Si la fenêtre céleste d’intervention le permet, le praticien procédera à la consécration du talisman. Sinon, celui-ci sera isolé dans une matière imperméable aux énergies (généralement de la soie) jusqu’à la consécration.

 

4. La consécration. La consécration est l’acte de rendre sacré ce qui est profane. Cet acte scelle l’énergie du talisman et lui permet d’agir concrètement par rayonnement dans le but de sa conception. La consécration peut prendre de nombreuses formes selon la pratique ou le mouvement spirituel du praticien.

 

Il sera un capteur-émetteur d’une énergie individualisée pour le consultant. Il pourra alors user de son talisman conformément à sa programmation.

 

 Foire aux questions

 

- Dois-je connaitre les symboles sur le talisman ?

Cela dépend de votre rôle. Si vous êtes le concepteur du talisman alors il vous faut en maitriser parfaitement la symbolique. Seule la compréhension des symboles vous permet de vous hisser sur le plan de conscience nécessaire à la captation de cette énergie. Imprimer un talisman sur internet et le mettre dans votre portefeuille ne sert à rien.

 

Si vous êtes l’utilisateur final, alors vous n’avez pas besoin de le comprendre. Au contraire, laissez-le faire. Si vous comprenez quelque chose autrement que lors de l’encodage du talisman vous parasiterez son action. Par contre, le concepteur du talisman doit parfaitement maitrise son art !

 

- Un talisman est-il efficace ?

L’efficacité du talisman dépend de trois facteurs :

 

1. le facteur astrologique. Le talisman est-il conçu sous les bons auspices ? Est-il adapté à l’incarnation du consultant ? Est-il personnalisé ou générique pour le porteur ? Par analogie ce serait de bien choisir le type de pile pour un appareil donné. Essayer de mettre du AAA dans un système demandant du AA ne donnera pas le résultat escompté.

 

2. Le facteur alchimique. Quelle est la capacité de charge des matériaux constituant le talisman ? C’est ce qui définit la capacité de la batterie. Utiliser une pile saline à la place d’une pile alcaline ne donnera pas le même résultat ou son action se tarira vite.

 

3. Le facteur théurgique. Le talisman a-t-il été bien chargé ? Au bon moment ? Avec l’énergie adéquate ? Si l’appareil fonctionne avec une pile presque vide il s’arrêtera rapidement. De même si la batterie alimente en courant alternatif au lieu du courant continu le résultat ne sera pas non plus à la hauteur.

 

- Comment savoir si un talisman sera efficace ?

Renseignez-vous sur sa technique de fabrication. S’il est imprimé par millier n’importe quand, vendu ou réalisé par quelqu’un qui ne sait pas ce qu’il représente ou encore qu’il n’a pas été chargé correctement (demandez la méthode utilisée), laissez tomber !

 

Tout dépend aussi de ce que vous cherchez. Une médaille de Saint Christophe dans une voiture peut-être achetée à bas prix puis bénie par un prêtre. De même un talisman peut être réalisé au bon moment et ritueliquement mais ne sera individualisé que par une phrase à prononcer par l’utilisateur pour en libérer la charge. Ou encore vous ne cherchez qu’un objet pour vous rassurer ou vous déculpabiliser, dans ce cas prenez directement une image sur internet…

 

- Un talisman peut-il être fabriqué par quelqu’un d’une autre confession que le symbole utilisé ?

Pour le dire autrement, un chrétien peut-il utiliser la main de Fatma ? Un païen peut-il utiliser une croix ?

La question est compliquée mais l’expérience montre que oui. Utiliser un symbole c’est se relier à son égrégore, son réservoir d’énergie. Pour accéder à certains réservoirs il faut y avoir été initié, mis en contact. Mais les symboles sont aussi des clés de contact en eux-mêmes.

Donc si l’opérateur parvient à se hisser jusqu’au plan de cet égrégore et à s’y connecter, le talisman sera opératif.

Un autre aspect de la pratique est la vision du symbole. Celui-ci véhicule un archétype mais son utilisation dépendra de la perception de cet archétype par l’opérateur. Ainsi, la croix est un symbole chrétien véhiculant un archétype de même nature. Mais un païen pourra voir dans la croix un équilibre des éléments et s’approprier le symbole dans son propre paradigme, le rendant ainsi tout à fait opérant.

 

- Sous quelle forme peut être fait un talisman ?

Techniquement parlant un talisman capte une influence pour la transmettre à son utilisateur. Donc toutes les formes et (presque) toutes les matières sont possibles. La réserve est portée sur la matière car si celle-ci est un isolant énergétique (plastique par exemple) il ne pourra pas assurer son rôle. Dans le meilleur des cas ce sera un support symbolique pour une méditation ou une visualisation mais il n’aura pas d’action « physique ».

 

- Talisman, pentacle, amulette, je ne m’en sort plus !

(Denis Labouré dans Les pentacles de l’abbé Julio) Définissons les mots amulette, talisman et pentacle. Les définitions varient selon les époques et les cultures. .

 

Au risque de paraître schématique, disons que l’amulette (le fétiche sera rangé dans la catégorie des amulettes) relève de la magie naturelle. Le talisman relève de la magie céleste. Les images qui figurent sur le pentacle relèvent de la théurgie.

 

Le mot amulette vient du latin amuleten que Pline utilise pour désigner un objet qui préserve les gens des maladies. Il y a toujours un sens préventif dans ce mot « amulette ». Cet objet est une substance médicale qui agit soit directement soit indirectement. L’amulette emprunte souvent sa substance au monde animal ou végétal : éléphant, scarabée, feuille, etc. La substance qui compose l’amulette protège par le seul effet de sa nature. Elle neutralise les influences nocives par la seule vertu de sa présence.

 

L’origine du mot talisman est incertaine. On le trouve chez les Arabes sous la forme tilasm et tillasm. Les Arabes le prirent chez les Grecs : telesma, qui signifie « objet consacré ». L’origine commune semble être hébraïque, de tselem, « image ». Le talisman a un but déterminé, précis. Le talisman est artificiel, en ce sens que la substance (textes, lettres, métal) dont il est composé ne protège pas par une action directe. C’est une « boîte à capter et conserver des influences subtiles » (Paracelse), comme les influences planétaires. Seules ces influences subtiles ont un pouvoir protecteur. Le talisman est un objet élaboré par l’homme selon les lois de l’analogie.

 

Dans son étymologie grecque, le mot pentagramme contient le préfixe penta- (πέντα) signifiant « cinq », xeet le suffixe gramma (γράμμα) signifiant « lettre, caractère d’écriture ». En calligraphie, un pentagramme est donc un caractère composé de cinq éléments graphiques. Au sens strict, un pentacle est un pentagramme encerclé. Cela ne nous renseigne guère. Pour l’usage théurgique qui nous occupe, disons que le pentacle fait appel à des données révélées. C’est là sa principale différence avec l’amulette et le talisman. Les images qui le composent, les formules qui s’y trouvent inscrites sont issues de la Révélation. Le docteur musulman qui part de la valeur numérique d’une sourate du Coran pour construire des carrés magiques, qui les consacre avec les prières adéquates, fait un pentacle. Le chrétien qui utilise des versets évangéliques, des images présentes dans les Saintes Écritures, fait un pentacle. Le pentacle devient un « ciel radiant ». La « chose sainte » irradie à travers le pentacle. Le pentacle élève celui qui le prépare et le porte jusqu’aux matrices du monde (les dieux de l’Antiquité, les anges du christianisme). Et, dans l’idéal, jusqu’à l’irradiation de la Divinité.

 

Mes tableaux talismans sur mesure

 

Voir le tableau talisman sur mesure

 1. l’analyse astrologique préalable

 

Mes tableaux talismans sont construits selon les préceptes exposés dans cet article.

 

- Je réalise l’analyse astrologique du thème de naissance du demandeur. Cette analyse se fait en zodiaque tropique, c'est-à-dire symbolique (ou analogique) m’inscrivant dans la conception platonicienne de l’univers. Ceux qui se tournent vers un zodiaque sidéral se situent dans une approche aristotélicienne.

 

« Pour une astrologie de tendance aristotélicienne, les astres exercent sur nous – directement ou pas – des influences physiques. En ce sens, ils déterminent nos passions (ce par rapport à quoi nous sommes passifs), ils les excitent ou les apaisent. Cette approche aristotélicienne exerça un rôle important en Occident car elle permit aux astrologues d’être tolérés par les instances religieuses.

 

L’astrologie se tourne de plus en plus vers une approche platonicienne, véhiculée par l’hermétisme de la Renaissance. Cette approche est aujourd’hui intégrée par les courants de la psychologie transpersonnelle qui rendent une raison d’être à l’homme, et pour lesquels le monde est objectivement porteur de sens (de C.G. Jung à Viktor Frankl, de Ken Wilber à James Hillman).

 

Selon cette approche platonicienne, les astres ne sont pas les causes de notre nature, mais ils la décrivent. Les astres sont les signes. Le monde est une unité vivante ; par l’observation d’un aspect de ce monde, je peux extraire des informations sur d’autres aspects. Lorsque l’horloge de l’école marque 16h30mn, la sonnerie retentit et les enfants sortent. L’horloge n’est pas la cause physique de la sortie des enfants, elle en est le signe. En observant la disposition des aiguilles de l’horloge, les parents savent quand les enfants sortiront de classe. En voyant les enfants sortir de classe, les parents peuvent deviner la disposition des aiguilles de l’horloge. [...] Lorsque l’astrologue décrit un tempérament mélancolique au vu de la position de Saturne lors de ma naissance, Saturne n’est pas la cause physique – par ses influences – de mon tempérament ; il en est la signature, il le décrit. » (Denis Labouré dans sa conférence Qui parle ? )

 

Savoir qui a raison et qui a tort n’est pas le sujet ici, les outils sont le plus souvent étalonnés pour une approche astrologique en particulier. L’essentiel est que l’outil fonctionne au final.

 

Cette analyse est personnelle et n’est pas transmise au consultant. Elle ne me sert qu’à faire le choix de la planète à utiliser.

 

- Selon le désir du consultant et l’analyse de son thème, une planète est choisie. Il est possible :

 

1. d’appuyer sur une force présente pour la faire culminer ;

2. de dynamiser une planète faible non maléfique pour en développer son potentiel

3. de dynamiser une planète pour palier une mauvaise configuration de naissance (lorsqu’une planète en pourrie une autre !).

 

2. La réalisation du tableau

 

- Tous les matériaux sont naturels afin de permettre la charge et la libre circulation des énergies.

 

- Les encres utilisées pour réaliser le dessin sont fabriquées par mes soins, avec des condensateurs fluidiques, des sels de plantes et des pigments, sous de bonnes influences astrales. Chaque pot de peinture est consacré avant le début de la session.

 

- Le tableau est peint en quatre étapes (les peintures naturelles mettent du temps à sécher) : 1. Entoilage 2. Fond 3. Cercles 4. Symboles. Chaque session est toujours réalisée durant la bonne heure planétaire en choisissant une configuration lunaire favorable en plus de l’analogie planétaire.

 

- L’arrière du tableau est coulé en deux ou trois fois en rassemblant les plantes, les cristaux et les résines en analogie avec la planète choisie. Chaque coulée se fait en une heure planétaire faste.

 

3. La consécration

 

Le dessin du tableau représente une cérémonie théurgique d’appel d’une force planétaire. Je réalise cette même cérémonie dans mon temple sous les auspices célestes en utilisant un encens de même composition que celui qui est intégré dans le tableau.

 

Une fois la charge réalisée il est isolé dans un carré de soie. Il ne sera déballé que par l’utilisateur.

 

4. Utilisation

 

Le tableau agit comme un talisman. L’utilisateur pour qui le talisman est réalisé aura quelques devoirs à faire :

 

- Il devra rajouter à l’arrière, sur le cadre ou directement sur la cire d’abeille un élément hominale (cheveux, salive…).

 

- Il devra activer le talisman par un petit rituel. Il s’agit de la version simplifiée du rituel que j’utilise pour la charge. L’activation se fera en jour de la planète. Tout est expliqué dans le mode d’emploi.

 

- Comme tous les talismans, ils baissent en charge à un moment donné (même ceux dont on vous dit le contraire…). Il faut lui laisser du temps et l’isoler dans la soie quelques jours. Ensuite l’action sera à nouveau comme au début.

 

- Il est conseillé de travailler activement avec le tableau. Vous pouvez par exemple vous asseoir devant et visualiser le tableau vivant, rayonnant d’énergie de la même couleur que son fond. Vous pourrez faire ce que vous voulez de cette énergie. Par visualisation vous pouvez par exemple la dilater dans le monde entier ou au contraire la comprimer dans vos mains pour la déposer dans un objet, un aliment, une partie du corps, un contrat etc.

 

[1] PTOLÉMÉE, Le livre unique de l’astrologie (Tetrabiblos I, 3), Nil éditions, Paris, 2000.

* Une partie de ces explications viennent de textes de Denis Labouré qui me donne sa permission de les utiliser ici uniquement.

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