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Le ciel et l'alchimie par Denis Labouré et Marc Neu

Publié le : 06/10/2016 08:58:50
Catégories : Alchimie , Astrologie , Théurgie

 Les douze opérations de la Voie Universelle

par Denis Labouré et Marc Neu

Avertissement

 

Les douze opérations sont la manifestation sensible de douze matrices, de douze forces structurantes. En ce sens, elles peuvent être mises en rapport avec les douze signes du zodiaque, qui sont une autre expression des mêmes matrices. En vertu de cette analogie, les signes zodiacaux des alchimistes sont parfois utilisés par les alchimistes pour désigner les opérations de l’œuvre.

 

Les douze opérations correspondent à des manipulations concrètes dans l’œuvre externe (parergon) accomplie en laboratoire. Elles décrivent en parallèle les opérations qui se produisent dans l’organisme de l’alchimiste (ergon). 

 

Calcination

 

Définition :

Du latin calx, calcis, chaux.

Action de calciner. Dessécher par l’effet d’une excessive chaleur. Transformation, par l’action du feu, du carbonate de chaux en chaux et, en général, d’un métal en oxyde.

 

Alchimie :

Expulsion de la substance volatile hors de la matière par l’action du feu. Purification et pulvérisation du corps par le moyen du feu extérieur qui en désunit les parties en séparant ou évaporant l’humide qui les liait, et en faisait un corps solide.

 

Elle est composée de trois opérations concomitantes : dissolution (la matière est réduite en ses divers constituants), purification (les éléments grossiers sont détruits et volatilisés sous l’effet de la forte chaleur des rayons solaires concentrés), cohobation (le Soufre solaire se conjoint avec le Mercure lunaire).

 

Astrologie :

Le Bélier est un signe de Feu dans lequel dominent les deux corps ignés ; Mars et Soleil. Il est l’exil de Vénus, planète d’eau. La calcination nécessite l’action du feu et la collaboration de Mars, la planète rouge.

 

Congélation

 

Définition :

Du latin congelare ; de cum, avec, et gelare, geler.

Passage d’un corps de l’état liquide à l’état solide. Solidifier par le froid, en parlant d’un corps qui est liquide à la température ordinaire.

 

Alchimie :

Signifie la même chose que « coagulation ». C’est un endurcissement d’une chose molle, par le desséchement de l’humidité et la fixation du volatil. C’est dans ce sens qu’Hermès a dit que la force de la matière sera parfaite, si l’eau est réduite en terre ; parce que tout le magistère consiste à réduire la matière en eau par la solution, et à la faire retourner en terre par la coagulation. Congeler, teindre et fixer sont une même opération continuée dans le même vaisseau.

 

Congeler, c’est l’acte par lequel on change un fluide en un solide, par refroidissement, coagulation ou quelque procédé analogue. C’est un processus qui se produit vers le bas. C’est pour cela que les adeptes  affirment que la matière n’est que de la lumière congelée.

 

Astrologie :

Le Taureau est un signe de Terre. La Terre est de qualité froide et sèche. Mais il est aussi le territoire de la Lune (dont il est l’exaltation) et de Vénus (dont il est le domicile). Ces deux planètes sont liées à l’Eau. Enfin, il est l’exil de Mars, ce qui marque l’absence du Feu. Ce double aspect du signe - territoire solide des planètes aqueuses - exprime le processus de congélation.

 

Cette étape du processus alchimique emploie l’élément Terre. Vénus, qui régit ce stade de l’œuvre (en tant que maître du Taureau) est complémentaire de Mars, qui régit le premier stade (en tant que maître du Bélier). La Lune exaltée à ce stade est complémentaire du Soleil en exaltation dans le premier.

 

La congélation ne représente pas seulement la combinaison de Vénus et de Lune, mais aussi une combinaison de Vénus et du Soleil. Á ce stade de l’œuvre, Vénus et le Soleil sont fondus l’un à l’autre.

 

Fixation

 

Définition :

Du latin figere, ficher, enfoncer, fixer.

Chimie : action de rendre fixe un corps volatil.

Biologie : phénomène par lequel une variation acquise dans des conditions données devient définitive, c’est-à-dire se conserve en dehors des conditions où elle a été acquise.

 

Alchimie :

C’est un processus qui se produit vers le haut. Action ou opération par laquelle on rend fixe une chose volatile de sa nature. Le principe de la fixation est un sel fixe et la digestion à un feu convenable. Fixer, c’est changer un sel volatil en sel fixe, de manière qu’il ne s’évapore et ne se sublime plus. C’est aussi l’empêcher de redescendre !

 

La fixation est l’établissement des limites appropriées des trois principes ; Mercure, Soufre et Sel. C’est la suppression de la confusion sur les fonctions propres des trois principes.

 

Astrologie :

La planète régissant les Gémeaux est Mercure. Aucune planète n’est exaltée dans les Gémeaux, car la fixation est un parfait équilibre des trois principes où aucun d’eux n’exerce un pouvoir supérieur à celui des autres. La fixation est la stabilité du parfait équilibre.

 

Séparation

 

Définition :

Du latin separare, disposer à part.

Action de séparer, de se séparer. Résultat de cette action.

 

Alchimie :

Effet de la dissolution du corps par son dissolvant. Cette séparation arrive dans le temps que la matière devient noire ; alors commence la séparation des éléments. Ce noir se change en vapeur ; c’est la terre qui devient eau. Cette eau se condense, retombe sur la terre et la blanchit ; cette blancheur est l’air. Á cette blancheur succède la rougeur, et c’est l’air qui devient feu.

 

Cette séparation ne diffère point de la dissolution de corps et de la congélation de la psychè, parce que ces trois opérations n’en font qu’une, puisqu’il ne se fait point dans l’œuvre de solution du corps sans congélation du pneuma.

 

Astrologie :

Par sa connexion avec le signe du Cancer, la séparation tombe sous la direction de la Lune et porte Jupiter à sa plus haute manifestation, ou exaltation. La chute de Mars prive ce signe de tout le feu violent pour ne garder qu’une douce chaleur (exil de Saturne donc absence du froid congelant).

 

Digestion

 

Définition :

Du latin digestio, même sens. Digérer : du latin digerere ; du préfixe di, et de gerere, porter.

En pharmacie : l’opération que les pharmaciens et les fabricants de produits chimiques nomment digestion consiste à laisser les corps baigner dans un liquide maintenu à une température généralement supérieure à celle de l’atmosphère, et qui change avec la nature du corps et celle du liquide. Ce dernier, séparé des matières solides, après la digestion, se nomme digestum ou digesté. Si le liquide dans lequel on fait digérer la substance est volatil, on opère dans des appareils distillatoires qui ramènent dans le digesteur le liquide provenant de la condensation des vapeurs.

La digestion diffère de la macération et de la décoction par la température à laquelle les solides et les liquides mélangés sont maintenus en contact. On se sert, dans l’industrie, de chaudières fermées de toutes parts, dans lesquelles les mélanges sont portés à des températures élevées.

 

Alchimie :

Action par laquelle on met un corps liquide avec un fluide pour en faire le mélange en tout ou parties, pour en extraire la teinture, pour les disposer à la dissolution, à la putréfaction, pour les faire circuler, et par ce moyen volatiliser le fixe et fixer le volatil, au moyen d’une chaleur convenable. Presque toutes les opérations du grand Œuvre se réduisent à la digestion, que les Philosophes ont appelée de divers noms, suivant ce qu’ils ont remarqué qu’il se passait dans le vase pendant l’œuvre. Ainsi quand ils usent des termes de distillation, sublimation, imbibitions, cération, inspissation, descension, cuisson, solution, coagulation, etc. ils n’entendent autre chose qu’une et même opération, ou digestion répétée. C’est un grand arcane, clef du Grand Œuvre dans la voie humide.

 

La digestion est une cuisson lente par une chaleur humide et maturante qui atténue la matière, la divise et en exalte les principes actifs. Elle se fait en vase clos.

 

La digestion consiste à exposer une substance à l’action d’un liquide, à l’aide de la chaleur. De cette façon, les constituants solubles sont extraits de la substance. Ainsi, la digestion requiert deux éléments : le feu et l’eau.

 

Astrologie :

Le Lion zodiacal régit le cœur. Il est donc lié à la circulation. Le Lion est le domicile du Soleil ou or alchimique. Son rougeoiement le relie à Mars. La couleur du Lion, qui est celle de la planète rouge, symbolise la force, l’activité, le courage qui sont tous des qualités martiennes. Ainsi, dans le lion rouge, on montre la combinaison des forces de Mars et du Soleil.

 

Distillation

 

Définition :

Du latin distillatio, écoulement. De la particule dis, et de stilla, goutte.

Opération qui consiste à soumettre un corps à l’action de la chaleur pour en recueillir les principes volatils, dégagés des principes fixes.

 

Alchimie :

Le procédé qui consiste à séparer le volatil des composés moins volatils. Le volatil de la matière emporte et fait monter avec lui le fixe. La distillation est l’élévation des choses humides qui tombent ensuite goutte à goutte. La distillation est le point capital de l’art, par lequel on peut extraire la quintessence.

Il existe trois sortes de distillations :

  •          la distillation per ascensum, le feu étant placé sous le vaisseau pour faire monter les psychés ; c’est le procédé le plus courant et il convient surtout à la distillation des matières spiritueuses et volatiles.
  •          la distillation per-latus par laquelle les psychés sortent de côté ; elle se fait par la cornue et convient aux matières denses qui contiennent des huiles lourdes et pour lesquelles il faut un feu plus fort.

la distillation per-descensum, le feu étant placé au-dessus du vaisseau chasse les psychés par le bas. Les Anciens l’estimaient parce que cette distillation détache les parties les plus tenaces des végétaux.

 

Astrologie :

Par sa connexion avec le signe de la Vierge, cette étape de l’œuvre est reliée principalement à l’élément Terre. La distillation est un processus physiologique qui se déroule dans cette partie du corps humain gouvernée par la Vierge. La Vierge préside aux fonctions des organes de la région abdominale, particulièrement ceux qui gouvernent les processus d’assimilation (intestins). On peut dire de l’assimilation qu’elle est la base de la distillation alchimique. Les intestins sont le lieu du corps le plus représentatif de la distillation. L’aliment y est à l’état fluide. Il s’intègre au corps au fur et à mesure de la circulation.

 

Un alchimiste, par la distillation, charge son courant sanguin et son système nerveux d’une surabondance d’or fluide. Lorsqu’il le fait, nous pouvons vraiment dire que Mercure est exalté dans la Vierge.

 

Sublimation

 

Définition :

Du latin sublimis, qui est dans les airs, haut, élevé. Lui-même du latin sub, sous, dessous et limen, seuil.

Chimie : opération qui consiste à faire passer un corps directement de l’état solide à l’état gazeux. Mode particulier de distillation de certains corps solides, qui consiste à les volatiliser au moyen de la chaleur, pour les recueillir ensuite, par refroidissement, sous forme compacte, cristalline ou pulvérulente.

 

Alchimie :

Purification absolue. Purification de la matière par le moyen de la dissolution et de la réduction en ses principes. Elle ne consiste pas à faire monter la matière au haut du vase et l’y faire attacher, séparée de la Tête Morte et du Phlegme ; mais à purifier, subtiliser et épurer la matière de toutes parties terrestres et hétérogènes, lui donner un degré de perfection dont elle était privée, ou plutôt la délivrer des liens qui la tenaient comme en prison et l’empêchaient d’agir.

La sublimation ne comporte que la simple élévation sèche et adhérente, et la séparation.

 

Astrologie :

La sublimation du corps, voilà ce qui est accompli par la sublimation alchimique. Elle exalte Saturne, le plomb alchimique (la corporéité et ses limitations) avec l’aide de Vénus. Or, Vénus régit la Balance et s’y trouve exalté. La sublimation s’accompagne de l’élimination. Cela est aussi suggéré par le fait que la Balance régit les reins, organes d’élimination qui maintiennent l’équilibre chimique du sang.

 

Putréfaction

 

Définition :

Du latin putris, pourri et facere, faire.

Décomposition des matières organisées sous l’influence des bactéries. Corrompre, pourrir.

 

Alchimie :

La putréfaction est la décomposition, la désintégration d’un corps en ses parties élémentaires. Sans putréfaction, aucune graine ne peut se multiplier. La putréfaction est d’une certaine façon la mort des corps et la division des matières de notre composé, qui les conduit à la corruption et les dispose à la génération. La putréfaction est l’effet de la chaleur humide des corps entretenue continuellement et non d’une chaleur appliquée manuellement. Elle se fait quand le corps, dissous par une résolution naturelle, est soumis à l’action de la chaleur pétrudinale.

 

La putréfaction détruit la nature ancienne et la forme du corps putréfié. Elle est l’opération qui rompt les liens des parties. Elle découvre l’intérieur du mixte. Elle rend l’occulte manifeste. Elle est le principe du changement des formes, la mort des accidentelles ; le premier pas vers la génération, le commencement et le terme de la vie. Elle transmute le corps putréfié en une nouvelle manière d’être, pour lui faire produire un fruit tout nouveau. Tout ce qui a vie y meurt ; tout ce qui est mort s’y putréfie et y trouve une nouvelle vie. Ce qui montre que la mort n’existe pas car la putréfaction n’est qu’un changement d’état et de forme.

 

Lorsque les physiciens disent qu’il ne se fait point de génération sans que la putréfaction ait précédé, on ne doit pas l’entendre d’une corruption ou putréfaction intime des principes du mixte et de la subsistance propre du composé, mais de celle qui produit simplement la solution du sperme extérieur, et qui dégage les principes des liens qui les embarrassaient et les empêchaient d’agir. Lorsque la putréfaction passe ce degré, les diverses espèces de mixtes n’engendrent pas leurs semblables, et dégénérant en d’autres mixtes, comme le froment dégénère en ivraie. Ainsi la putréfaction entière ou substantielle éteint la forme du mixte.

 

Astrologie :

La chaleur est toujours associée à Mars. La chaleur humide particulière qui opère dans l’œuvre de putréfaction est la chaleur humide du signe d’eau qu’est le Scorpion. Mais la force Mars ne peut être exaltée avant d’avoir été mise en activité par une impulsion prenant naissance dans le centre Saturne qui se trouve à la base de la colonne vertébrale.

 

Incinération

 

Définition :

Du latin in, en et cinis, résidu de la combustion (cendres, en particulier « cendres des morts brûlés sur le bûcher »).

Action de réduire en cendres.

 

Alchimie :

Incinérer, c’est consumer par le feu. Action par laquelle on réduit un corps en cendres. L’incinération est comparable à une calcination philosophique sans l’élément fécondant. Elle produit une cendre qui sera plus tard – là est la différence - fécondée par un Soufre quelconque. Á moins que celle-ci soit utilisée comme un Sel, comme c’est le cas, par exemple, dans l’élixir végétal.

 

Astrologie :

Cette étape de l’œuvre est reliée au Feu par le Sagittaire, signe de Feu. Jupiter régit le Sagittaire ; l’influence dominante dans l’œuvre d’incinération s’exerce par l’intermédiaire du centre Jupiter dans le corps de l’homme.

 

Fermentation

 

Définition :

Du latin fermentare, même sens. Lui-même du latin fervere, bouillir, être bouillant ou bouillonner.

Mouvement d’effervescence. Travail qui s’opère dans un corps organisé, et par suite duquel les parties qui le composent se combinent entre elles dans des proportions différentes de celles qui existaient auparavant.

Chimie : on peut, d’une manière générale, définir ce phénomène, si varié soit-il du point de vue chimique, comme des réactions telles que la matière soumise à la réaction disparaisse en très grande quantité, en très peu de temps et sous l’action d’une cause minime, mais pondérable, qui est toujours un être vivant, se développant faiblement au cours de la fermentation. 

 

Alchimie :

Fermenter, dans le vieux sens du mot, c’est faire lever le pain. Le ferment est dans l’œuvre ce qu’est le levain dans la fabrication : on ne peut faire du pain sans levain, et l’on ne peut faire de l’or sans or. L’or est donc le pneuma et ce qui détermine la forme intrinsèque de la pierre. Ainsi l’on fait de l’or et de l’argent, comme le boulanger fait le pain, qui n’est qu’un composé d’eau et de farine pétries, fermenté, et ils ne diffèrent l’un de l’autre que par la cuisson. De même la médecine dorée n’est qu’une composition de terre et d’eau, c’est-à-dire de Soufre et de Mercure fermentés avec l’or, mais avec un or réincrudé. Comme on ne peut faire du levain avec du pain cuit, on ne peut en faire un avec l’or vulgaire, tant qu’il reste or vulgaire. Le Mercure ou eau mercurielle est cette eau ; le Soufre, cette farine, lesquels, par une longue fermentation, s’aigrissent et deviennent le levain avec lequel se font l’or et l’argent. Comme le levain ordinaire se multiplie éternellement et sert toujours de matière à faire du pain, la médecine philosophique se multiplie aussi et sert éternellement de levain pour faire de l’or.

 

La fermentation est une réduction des parties actives et spirituelles des mixtes, de puissance en acte et qui, dans certains cas, se doit faire sans le concours d’aucun feu actuel, mais par l’effet du feu potentiel et naturel contenu dans la matière qui se corrompt et se divise par elle-même. La fermentation est la clef qui ouvre la porte de sortie aux poisons végétaux. Par cette opération, la matière involue et sa nature rétrograde vers sa première forme qui est principe fermentatif et sémentiel.

 

La fermentation est l’action de l’air sur les mixtes, qui en s’y raréfiant, en altère la forme, en désunit les parties sans y produire une dissolution entière comme la putréfaction. La fermentation tient le milieu entre la liquéfaction et la putréfaction. Toutes trois sont des effets de la raréfaction ; mais la putréfaction introduit des parties aqueuses dans les pores des mixtes, la fermentation des parties aériennes, et la liquéfaction des parties ignées. Il y a trois espèces de fermentations ; celle qui se fait par enflure, gonflement, tuméfaction, ébullition, et inflammation ou échauffement interne du mixte ; la seconde est proprement la fermentation ; et la troisième est l’acétification ou aigreur survenant au mixte.

 

Astrologie :

Dans le Capricorne, le Soleil commence à remonter vers le nord. Á partir du solstice d’hiver, la lumière se réveille de sa mort apparente. Le Capricorne est un signe de Terre, le signe de Saturne. Il s’agit de la matière limitée, figée (Saturne), desséchée (exil de la Lune). Mars s’y trouve en exaltation. Quand la puissance de Mars se libère, son feu opère au sein de la terre.

 

Dissolution

 

Définition :

Du latin dissolvere, même sens. Lui-même du latin dis, marque la séparation, l’écartement, la direction en sens opposés et solvere, délier, détacher, désagréger, dissoudre, fondre.

Désorganisation d’un corps qui fait cesser la cohésion de ses molécules. Une substance solide, liquide ou gazeuse, se dissout dans un liquide mis à son contact quand elle disparaît dans la masse de ce liquide pour donner un tout homogène.

 

Alchimie :

La dissolution (ou solution) est le processus par lequel plusieurs substances sont combinées pour former une seule mixture homogène, généralement un liquide, parfois un solide.

 

Les alchimistes n’entendent pas par ce terme la réduction simple d’un corps dur en liquide, mais la réduction d’un corps en sa première matière, c’est-à-dire en ses principes élémentés, et non pas élémentaires. Car ils n’ont jamais prétendu réduire l’or, par exemple, en air, eau, terre et feu, mais en Mercure, composé de ces quatre éléments, quoiqu’il participe plus de l’eau et de la terre que des deux autres, comme tout le règne minéral.

 

Ils distinguent plusieurs dissolutions dans l’opération de la pierre philosophale ; l’une imparfaite, et l’autre parfaite ; la première est celle qui précède la putréfaction ; parce que la dissolution proprement dite ne se fait que dans le temps que la matière est au parfait noir. Tout leur œuvre, disent-ils, consiste dans la dissolution et la coagulation réitérées plus d’une fois.

 

Astrologie :

Saturne est l’astre qui marque la limite visible de notre système. Il clôt notre monde et ouvre la porte sur le monde des étoiles. Il est signe de la mort et de la putréfaction qui précèdent le basculement vers l’au-delà. Saturne est l’astre le plus sombre, car le plus éloigné du Soleil. Le Verseau est le domicile diurne – c’est-à-dire solaire – de Saturne. C’est un signe d’air, chaud et humide. Par la chaleur aqueuse, la matière vient à putréfaction, puis se réduit à ses constituants premiers. Elle est alors prête à devenir le véritable élixir de vie.

 

Multiplication

 

Définition :

Du latin multus, abondant, nombreux. Multus se dit également du temps ou de l’espace, dans le sens de « qui se trouve en de nombreux endroits » ; de là le sens de « qui se multiplie, qui se prodigue ».

 

Augmentation en nombre.

 

Agriculture : production de nouveaux individus à l’aide d’un fragment de la plante à conserver. Elle se distingue de la reproduction, qui a nécessairement pour origine un œuf (graine, spore). La multiplication est naturelle : fraisiers (stolons), ou artificielle : vigne (provignage). Dans les deux cas, les caractères de la plante mère sont fidèlement transmis (hérédité complète).

Biologie : la multiplication est une des formes de la génération ; elle a lieu par scission ou bourgeonnement, intéressant, sans différenciation préalable, une partie plus ou moins considérable de la masse du parent. Le bourgeon, qui évolue sur place, se transforme en un individu nouveau, et ce n’est qu’à ce moment qu’il se détache du parent pour mener une vie indépendante.

 

Alchimie :

La multiplication est l’acte par lequel on augmente en quantité ou en vertu.

  •          La multiplication en quantité, c’est le procédé par lequel l’alchimiste augmente en quantité l’élixir ou la pierre obtenus.
  •          La multiplication en vertu, c’est le procédé par lequel l’alchimiste augmente l’efficacité (la force active, la puissance transmutante) de l’élixir ou de la pierre obtenus.

Aussi Ripley compare-t-il la multiplication au feu, d’où l’on peut tirer de quoi allumer bien d’autres feux.

 

Astrologie :

Les Poissons sont un signe double, composé de deux êtres vivants. Ils sont régis par Jupiter, dont la qualité chaude et humide favorise la fermentation.

 

Les qualités premières et les cycles

 

Notre monde vit sous l’emprise d’une gigantesque respiration

 

            Selon Aristote et l’expérience de chaque être humain, les choses de notre monde sublunaire ne cessent de naître, croître, décliner et mourir. Les mutations qui s’opèrent dans les quatre qualités premières en sont la cause.

Ces qualités premières changent sous l’effet des variations de la lumière.

Les mouvements des luminaires, des planètes et des étoiles, entraînent cette variation de leur lumière.

Cette lumière exerce une action sur le chaud et le froid, le sec et l’humide qui sont autant de propriétés des quatre éléments.

Comme ces éléments composent les substances existantes, une gigantesque respiration de l’humidité et de la chaleur radicales berce notre monde.

Le cycle diurne

 

            L’alternance des jours et des nuits produite par les mouvements quotidiens du Soleil réchauffe et refroidit les corps sublunaires.

            Pendant la journée, ces corps sont desséchés par l’action des rayons solaires.

            Pendant la nuit, ils sont humidifiés par ceux de la Lune.

            Aussi, en commençant avec l’aube, nous trouvons la succession des qualités premières : humide, chaud, sec et froid.

 

Le cycle mensuel

 

            Le mois, c’est-à-dire le cycle lunaire, est un autre rythme de ce type.

Lorsque la Lune croît (en s’éloignant du Soleil) (de la nouvelle lune à la pleine lune), les corps s’humidifient, se dilatent. Quand la Lune décroît (en s’approchant du Soleil) (de la pleine lune à la nouvelle lune), les corps se dessèchent, se contractent.

Au premier quartier, le chaud naît jusqu’à devenir prédominant à la pleine lune. Les corps deviennent plus légers. Au dernier quartier, le froid naît jusqu’à devenir prédominant à la nouvelle lune[1]. Les corps deviennent plus lourds.

Le froid prédomine au commencement. Si nous tentons une analogie entre le cycle mensuel et le cycle annuel :

le premier quartier correspond à 0° Bélier, un point où le froid cède la place au chaud.

la nouvelle lune correspond à 0° Capricorne, le solstice d’hiver.

            Cette correspondance possède une cohérence confortée par la pratique de l’alchimie. Cette dernière consiste à accélérer le travail de la nature. En utilisant un schéma du type précédent, l’alchimiste effectuera en une lunaison la transformation qui aurait par nature exigé une année.

 

Le cycle annuel

 

            L’influence du Soleil varie avec la saison. En été et en automne, les corps sont plus desséchés qu’en hiver et au printemps. En été et en automne, il en résulte un excès de sec alors qu’en hiver et au printemps, il en résulte un excès d’humidité. Nous observons la génération de la vie végétale au printemps. Puis une croissance exubérante en été, un déclin et une mort en automne, une désintégration ou un long sommeil en hiver. Le monde animal montre généralement reprise d’activité au printemps, épanouissement en été, retrait en automne, hibernation en hiver.

            Dans le zodiaque, l’influence solaire se manifeste par deux mouvements différents :

le mouvement que le Soleil accomplit dans le zodiaque au cours de l’année tropique. Il est représenté sur ce schéma par l’accroissement de chaleur (le chaud) et la récession de la chaleur (le froid).

le mouvement du Soleil dans la journée naturelle, entre deux passages successifs à l’horizon oriental. Il est représenté sur ce schéma par l’augmentation de lumière (l’humide) et la réduction de lumière (le sec).

A son début, le printemps est très froid et humide, puis il perd sa froideur pour devenir très humide et chaud.

A son début, l’été est très humide et chaud, puis il perd son humidité pour devenir sec et très chaud.

A son début, l’automne est sec et très chaud, puis il perd sa sécheresse pour devenir très sec et froid.

A son début, l’hiver est très sec et froid, puis il perd sa sécheresse pour devenir très froid et humide[2]

            Pour Ptolémée (IIe siècle), il existe deux signes « tropiques » (Cancer et Capricorne), deux signes « équinoxiaux » (Bélier et Balance), quatre signes « solides » (Taureau, Lion, Scorpion, Verseau) « et ils sont appelés ainsi parce que, lorsque le Soleil s’approche d’eux, les humidités, les chaleurs, les sécheresses et les froidures selon la saison nous touchent plus violemment et plus fermement, non pas que le temps soit naturellement plus intempéré à cette époque, mais parce qu’alors nous sommes plus exposés à eux et pour cette raison plus sensibles à leur pouvoir…Et quatre signes bicorporels. »

 

Illustration par l’exemple

En combinant les cycles, l’alchimiste peut opérer sur différentes échelles temporelles :

- En se basant sur le Soleil il pourra utiliser l’année comme repère pou ses opérations.

- En utilisant la Lune il concentrera son travail sur un cycle de 28 jours tout en profitant des mêmes influx célestes.

- En utilisant les maisons astrologiques il pourra opérer sur 24 heures. Cette dernière échelle est utile pour des opérations nécessitant des influx célestes bien précis et difficiles à capter autrement.

En respectant les influences célestes dans ses opérations, l’alchimiste se distingue du chimiste. Ce dernier pourra reproduire ses protocoles de créations et d’expérimentations à l’infini sans variation des résultats.

L’alchimiste voit vivre sa matière aux rythmes de la nature. Et chaque produit est unique même en reproduisant celui-ci avec le même protocole strict.

Pour l’exemple, voilà les photos de deux cuvées d’Epurel. Toutes les deux ont été fabriquées en respectant strictement la concordance des cycles.

C'est-à-dire que pour chacune des deux cuvées, les cycles lunaires et journaliers sont les mêmes. Mais pour ce qui est du cycle annuel, la première a été fabriquée (en grande partie) sous le Soleil du Cancer (juillet) et le second sous le Soleil du Lion.

Voici la photo de la cuvée de juillet :

Et la photo de la cuvée d’août :

 

Rappelons la différence entre les deux signes :

« Par sa connexion avec le signe du Cancer, la séparation tombe sous la direction de la Lune et porte Jupiter à sa plus haute manifestation, ou exaltation. La chute de Mars prive ce signe de tout le feu violent pour ne garder qu’une douce chaleur (exil de Saturne, absence du froid congelant). »

 

« Le Lion zodiacal régit le cœur. Il est donc lié à la circulation. Le Lion est le domicile du Soleil ou or alchimique. Son rougeoiement le relie à Mars. La couleur du Lion, qui est celle de la planète rouge, symbolise la force, l’activité, le courage qui sont tous des qualités martiennes. Ainsi, dans le lion rouge, on montre la combinaison des forces de Mars et du Soleil. »

[1]              Nous avons ici deux vagues qui croissent et décroissent. Il convient de ne pas rigidifier ce phénomène en attribuant un élément à chaque quartier du cycle lunaire, comme l’ont fait de nombreux auteurs : en écrivant par exemple qu’entre la nouvelle lune et le premier quartier, l’air (chaud et humide) prédomine.

 

[2]              Là encore, certains astrologues ont figé le phénomène. Ils ont attribué l’air à l’ensemble du printemps, une qualité chaude et humide. Ce n’est vrai qu’au milieu du printemps.

 

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